SEXISME AU BUREAU : CONNAIS TON ENNEMI

 
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À la fois manuel et manifeste, le “Feminist Fight Club” de Jessica Bennett, « Gender Editor » au New York Times, est un guide à la fois hilarant et incisif permettant de naviguer dans le sexisme au travail, offrant des conseils de carrière dans la vie réelle et une aide humoristique à une nouvelle génération de femmes professionnelles.

Les enseignements suivants sont extraits d'un chapitre consacré à «connaître votre ennemi» et savoir comment le combattre. Let’s go !



  1. Le Stenographucker


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L’ennemi

Le Stenographucker vous traite comme une secrétaire de bureau, même s’il est clair que vous ne l’êtes pas: il vous demande si vous «prenez des notes» en réunion, de vous occuper d’organiser son voyage pro ou « d’aller chercher un café » pour un client (la plupart du temps, votre client).


La solution

Les recherches montrent sans équivoque que la majorité des tâches de secrétariat incombent aux femmes, mais elles sont également plus susceptibles de dire oui à ces tâches et de se porter volontaires. Nous savons que dire non peut être difficile, mais il le faut : dites non, et expliquez sans détour que cela place les femmes dans une position subordonnée et/ou reversez cette mission en suggérant un autre homme pour la tâche.

Vous pouvez aussi essayez l’humour. Aminatou Sow, Experte en stratégie numérique, explique que lorsque des collègues lui demandent de préparer du café, elle leur dit poliment qu'elle serait heureuse de le faire, si seulement elle savait comment - sa mère lui avait dit de ne jamais apprendre à faire du café pour ne pas le faire finissent par avoir à le faire.


2. Le Bropropriator


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L’ennemi

Dans un bureau, le Bropropriateur s’attribue les mérites du travail d'autrui: présenter les idées de son équipe, accepter le crédit d'une idée qui n'était pas la sienne, ou même ne rien faire du tout et se retrouver avec le mérite. Le mérite par le genre en gros.


La solution

Soyez autoritaire ! Il est plus difficile pour quelqu'un de faire valoir votre idée si vous la présentez avec une telle autorité que personne ne peut l'oublier. Alors, parlez plus fort et sans trembler. Pas de « Je me demande ce qui arriverait si nous essayions…». Allez-y franco, utilisez des mots d’action qui montrent que vous vous appropriez ce que vous dites.

Réappropriez-vous votre mérite en les remerciant d’avoir aimé votre idée. Au besoin, trouvez-vous un.e allié.e qui vous soutienne publiquement lors des réunions - l’union fait la force ! Conservez un dossier de preuves par courrier électronique. Si vous avez présenté une idée incroyable en public, envoyez à vos supérieurs hiérarchiques un e-mail résumant votre idée après la réunion - et envoyez le message à celui/celle qui en aura besoin. Evidemment, soutenez-vous les unes les autres : si vous entendez une idée que vous aimez venant d’une femme, soutenez-la publiquement.


3. Le Manterruptor


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L’ennemi

Nous avons toutes connu ce moment : en pleine présentation en réunion, la voix d’un homme qui s’oppose par dessus la nôtre, avec autorité et cherchant à couvrir nos propos. Nous avons peut-être les idées, mais il a les cordes vocales, ce qui nous pousse à abandonner, à perdre notre confiance en nous ou à céder le mérite de notre travail. 

Les études prouvent que le Manterruptor est bien réel*: les hommes parlent plus que les femmes lors de réunions professionnelles, ils interrompent plus souvent la parole et les femmes sont deux fois plus susceptibles que les hommes d'être interrompues par des hommes lorsqu’elles parlent (et encore plus s'il s'agit d'une femme de couleur).

La solution

C'est l'équivalent verbal de deux voitures qui se rapprochent l'une de l'autre à la vitesse maximale, jusqu'à ce que l’une dévie. Votre travail consiste à rester forte et à continuer à parler. Gardez vos pauses courtes. Maintenez votre élan. Peu importe s'il agite ses mains, élève la voix ou se tortille sur sa chaise: faites semblant d'être sourde s'il le faut. Cela en vaut la peine si cela vous aide à faire valoir votre point de vue. Et un œil de côté qui dit, “N’ESSAYE MÊME PAS DE M’INTERROMPRE.”

Si vous êtes témoin de la situation, soutenez la femme qui se fait interrompre, intervenez, posez une question: : “Attends, peux-tu la laisser finir?” ou “Michelle, quelle est votre opinion?” Vous aurez plus d'effet que vous ne le pensez et vous vous poserez comme membre influent de l’équipe.

Autres méthodes pour affirmer votre espace physique lorsque vous avez quelque chose d'important à dire: jouer avec votre corps pour affirmer vos propos. Asseyez-vous au centre de la table, ne vous cachez pas au fond de la salle, levez-vous s’il le faut, en plaçant votre main sur la table ou en établissant un contact visuel.

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* De la Cour suprême à la salle de conférence en passant par la salle de classe, les femmes se retrouvent souvent plus souvent interrompues que leurs homologues masculins. Pire encore, une étude menée en 2015 par l’Université de Yale a révélé que les femmes cadres qui parlaient plus souvent que leurs pairs étaient considérées comme moins compétentes 14%, tandis que les hommes exécutant la même tâche bénéficiaient d’une augmentation de leurs compétences de 10%.

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📷 Les illustrations sont signées Fanqiao Wang

📖 Pour aller plus loin :