SIMON MARIE : L'AUTISME, UNE FORCE POUR L'ENTREPRISE

 
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Pour certain.e, l’autisme renvoie à l’image d’un.e enfant, étrange, qui vit dans son coin. Pour d’autres, l’autisme ne touche même pas les adultes. Simon Marie a fondé l’association Collectif Atypique pour contrer ces idées reçues. Rencontre.

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L’autisme de Simon (syndrome d'Asperger) n’a été diagnostiqué qu’à l’âge adulte. Suite à cette très longue errance diagnostique, il réalise que nous sommes finalement trop peu informé.e.s sur le sujet et qu’il y a de encore nombreux effort à faire pour sensibiliser le grand public à ce handicap. Il crée alors l’association Collectif Atypique qui à pour but d’aider d’autres personnes autistes et neuroatypiques à sortir de leur isolement social et professionnel.

 

Qu’est-ce qu’un profil neuroatypique ?

Le terme « neuroatypique » a été créé par des autistes pour définir et revendiquer ce profil bien particulier qui est le leur. Autisme Asperger, HPI (Haut Potentiel Intellectuel), TDAH (Trouble De l’Attention avec ou sans Hyperactivité)… Les profils sont différents, et pourtant partagent tous des points commun. Ils/elles ont la sensation d’être différents des autres, sont doté.e.s d’une créativité débordante, d’une vision artistique hors du commun, d’une hyper concentration, ou encore d’une capacité à gérer les informations d’une manière étonnante. Pourtant, les profils neuroatypiques doivent faire face à de nombreuses difficultés d’insertion sociale et professionnelle.

Campagne de sensibilisation lancée par l'Agence régionale de la santé en Corse avec le soutien du dessinateur Plantu

Campagne de sensibilisation lancée par l'Agence régionale de la santé en Corse avec le soutien du dessinateur Plantu

Aujourd’hui, Simon est exclu du monde professionnel. Le fait d’être asperger l’a mené à s’intéresser et se qualifier dans beaucoup de domaines ; devenu très, voire trop, qualifié, pour les jobs auxquels il postule, il est considéré comme un imposteur. Capable de travailler 14 à 15h par jour sans difficulté, il intègre si vite les tâches à accomplir que ses managers prennent peur de cet employé qu’ils ne comprennent pas. On lui reproche de trop travailler.

Mais les a priori et l’incompréhension ne s’arrêtent pas là. Les autistes sont aussi confronté.e.s à des discriminations sur leur apparence. “ Les personnes autistes paraissent souvent plus jeunes que leur âge, nous avons l’apparence d’un adolescent, ce qui peut amener à des remarques lors du recrutement”, explique Simon.

Le personnage de Sheldon Cooper dans la série à succès “The Big Bang Theory” présente certains symptômes du syndrome d'Asperger

Le personnage de Sheldon Cooper dans la série à succès “The Big Bang Theory” présente certains symptômes du syndrome d'Asperger

Sensibilisation + adaptation de l’environnement = recette gagnante

Bien souvent, l’entreprise n’est pas sensibilisée, ni adaptée aux personnalités autistes. L’open space, par exemple, est source de problèmes. « Dans mon dernier emploi, si j’avais été seul dans un bureau, tout ce serait très bien passé. On nous demande tout le temps de nous adapter dans un monde « hypernormé ». On doit trouver des stratégies de camouflage, d'adaptation, mais au bout d'un moment c'est fatiguant et on craque. » 


Désinformation sur ce handicap ? Les managers préfèrent bien souvent ne pas embaucher plutôt que faire l’effort de s’intéresser au sujet. « Voilà pourquoi j’ai créé l’association Collectif Atypique, parce que c’est de notre responsabilités à tou.te.s de sensibiliser aux différences, de comprendre comment fonctionnent les asperger. Nous sommes différents, mais nous ne sommes pas déficients. Vous savez, ce sont 10 à 20 personnes sur 100 qui sont concernées par l’autisme. Aujourd’hui, on demande simplement une équité de traitement, en prenant en considération chacun.e, sans stigmatisation. Et il est temps d’arrêter de penser que c’est une œuvre de charité d’employer des personnes en situation de handicap mais qu’au contraire, cela peut être un plus pour une entreprise. »


Oui, des moyens sont mis en place pour les autistes dépendants, mais très peu sont dédiés à former et informer sur l’inclusion de ces profils. « Le problème c'est qu'il y a plein de choses qui sont mises en place, beaucoup d’associations sont créées par exemple, mais souvent elles ne font que survoler les problèmes, sans s’attaquer à l’organisation et à l’exclusion structurelle au coeur même des entreprises », regrette Simon.

L’autisme concerne environ 700 000 personnes en France et la majorité (80%) est au chômage parce qu’on pense qu’ils/elles sont inemployables… Alors il est temps d’agir contre cette exclusion, non ?

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📝 Pour signer la pétition de Simon contre l’exclusion c’est ICI

 
 

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